g="fr" lang="fr"> Teddy Seguin

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↽ INSULAE ⇁


Tels les atlas composés d'îles imaginaires, publiés à la renaissance, INSULAE est un cycle en cours qui regroupe différentes séries photographiques questionnant l'insularité en tant que trait de caractère d'un groupe ou d'une entité géographique. Cet espace qui isole de l'extérieur, protège parfois, souvent foyer de résistance constitue le fil rouge de ce nouveau travail. L'océan, le désert ou la société façonnent des insularités qui se caractérisent, au delà des cultures vernaculaires, par des idées et des valeurs propres aux microcosmes. Oasis, ghettos urbains ou villages isolés reproduisent partiellement un modèle insulaire, ces environnements ont comme socle commun d'échapper à l'emprise de la société, de créer un rapport différent à l'espace et à l’autre.

Ce projet fait l’objet d’un site dédié mis en ligne récemment : INSULAE

Publication National Geographic, Philadelphie: L'empreinte française



National Geographic, octobre 2014

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Publication de la série "Outport" sur le site du magazine Private

Outport

À l’extrême Est du Canada, la grande île de Terre-Neuve (Newfoundland) est un vaste territoire peu peuplé encore sauvage sur l’intérieur et la côte sud. Sur cette côte déchiquetée de 250 km, de Port aux Basques à Harbour Breton, dont les noms rappellent la présence forte des pêcheurs français dans la région au XIX° siècle, quelques villages résistent à la pression du gouvernement canadien qui souhaiterait voir leurs habitants rejoindre les quelques grandes villes reliées par la route. Les villages de Mc Callum, Grand Bruit ou Rencontre East, blottis dans leurs petites baies, ne peuvent être ravitaillés que par la mer. Maintenir ces villages en vie a un coût dont la province se passerai bien. Aucune route ne s’aventure à l’intérieur de cette nature hostile et escarpée, quant au bateau, plus d’une fois, il doit retarder ou annuler la rotation hebdomadaire tant la météo peu s’avérer capricieuse dans la région. Si quelques projets d’aquaculture ont permis à plusieurs villages de survivre et de garder des familles en place, il est difficile pour les autres de maintenir une activité régulière depuis que la pêche artisanale est fortement réglementée. L’océan, qui pendant des siècles leur a apporté de quoi survivre dans ces conditions très dures, leur est à présent interdit. L’isolement et l’ennui transpirent des outport, mais quelques irréductibles s’accrochent encore à cette vie si particulière, si “paisible” loin du fourmillement des villes. Seul le vent anime les rues désertes de ces villages en sursit.

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Publication National Geographic: Les trésors d'une épave antique.

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Au Mexique, sur l’Isla de La Natividad, une communauté de pêcheurs se mobilise pour préserver ses ressources marines.

Au large de la Basse Californie, au Sud-Ouest du 28e parallèle, l'île de la Natividad, 7 kilomètres sur 3, est un bout de terre aride où ne poussent que quelques cactus. L'océan Pacifique apporte ce que la terre d’ici ne peut offrir : de quoi nourrir les Hommes mais aussi de quoi les enrichir. Au début du siècle, profitant de l’engouement des pays asiatiques pour les ormeaux qui tapissent les fonds sous-marins de l’île, des paysans de tout le Mexique viennent profiter de cet Eldorado et s’improvisent plongeurs. Après avoir puisés sans compter dans ces eaux, les pêcheurs de la Natividad prennent conscience de l’importance de préserver leur seule richesse. Ils se mobilisent alors pour s’imposer des quotas de pêche plus restrictifs que ceux du gouvernement et créer une réserve marine. Ils sont aujourd’hui un exemple pour toutes les autres coopératives de la côte qui ont cru, trop longtemps, que l’océan était inépuisable.

Dans les années 20, des asiatiques colonisent l’île pour exploiter les ormeaux, quelques Mexicains les rejoignent, des rêves de fortune plein la tête et apprennent à leurs côtés la pêche sous-marine en scaphandre pied lourd. Tels des naufragés, ils construisent leurs maisons avec ce que les vagues leur apportent. Ils s’installent, vont chercher l’eau sur le continent, s’éclairent à la lampe à pétrole, se nourrissent de l’océan et des rares oiseaux qui peuplent l’île. Les familles suivent rapidement, un village de pionniers s’organise sur ce bout de caillou battu par les vents.

En 1942, les pécheurs plongeurs de la Natividad s’organisent et créés la coopérative buzos y pescadores. Composée de socios, des pécheurs et leurs familles, la coopérative organise la pêche, fixe les quotas, entretient le matériel et gère aussi toute la vie de l’île. C’est elle qui contrôle le développement du village, elle gère les conflits entre ses membres et décide de qui peut ou non travailler. Dans ce système communautaire, toutes les décisions sont prises en assemblée générale. Des pêcheurs, désignés par leurs paires, dirigent et administrent la coopérative durant des mandats de 2 ans. Mais, sur l’île, tout le monde n’a pas la parole, il y a aussi les extras, c’est l’étape qui précède l’intégration dans la coopérative. Les extras sont en générale jeunes, embauchés chaque matin pour la journée, ils effectuent les tâches que ne veulent plus assumer les socios. Ils sont toujours prêts à travailler, dans l’espoir de rejoindre un jour la coopérative.

À la Natividad, les plongeurs sont des « seigneurs », et pour cause, plonger dans les courants violents du Pacifique n’est pas sans danger. Faisant fi de toutes les règles de sécurités élémentaires, le passage au caisson de décompression est devenu anodin. Ici, les pêcheurs plongent avec un narguilé, un tuyau qui les relie à la surface et leur offre autant d’air que nécessaire. Lestés d’une quinzaine de kilos, chaussés de bottes et non de palmes, ils crapahutent pendant des heures, dans les fonds de 10 à 30 mètres qui bordent leur île, à la recherche des ormeaux toujours, mais aussi des caracoles, et des holothuries. Péchés un à un, ces fruits de mer sont toujours vendus une fortune sur le marché asiatique. Certaines équipes de non-plongeurs, pêchent aussi des vieilles et des langoustes pour les vendre vivantes sur le marché américain. Cela rapporte alors dix fois le prix d’une pêche traditionnelle et alimente aussi les rêves d’éternels pionniers de cette coopérative. Et quand ils ne pêchent pas, les pécheurs de la Natividad étudient la réserve mise en place en 2006, sur leur propre initiative, pour repeupler les fonds de l’océan qu’ils ont autrefois trop exploités.

Ce reportage nous plonge au cœur de l’Isla de la Natividad aux côtés de ses hommes. Johnny plongeur extra d’à peine 25 ans, a déjà vécu plusieurs vies et se démène pour être admis socio ; Tiburon, un des responsables de la communauté, organise la pêche au quotidien. Martin, ex-président de la coopérative et doyen des plongeurs, écoute la mer pour guider ses mains. Antonio, le biologiste, élève des ormeaux dans sa pouponnière en bord de mer pour remplacer les stocks surexploités ou encore Luis, un plongeur socio victime d’un grave accident de plongée l’an dernier nous rappelle les risques, souvent négligés, de ces heures passées sous l’eau. Aujourd’hui, la coopérative est toute leur vie, la Natividad, leur territoire depuis 5 générations, l’océan leur seule ressource. Ils nous racontent leur engagement pour préserver cet écosystème, leurs craintes et leurs espoirs pour l’avenir de l’Isla de la Natividad et celui de leurs enfants.

Texte Lila Reboul

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PUPLICATION DANS LE MONDE MAGAZINE:

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Les archers peuls de Centrafrique

Dans le nord du Centrafrique, depuis plus de 15 ans, des coupeurs de route appelés Zaraguinas terrorisent les populations locales. Les éleveurs peuls qui vivent en Centrafrique depuis près d’un siècle sont l’une des cibles privilégiées des coupeurs de route. Considérés souvent comme plus riches car possédant des troupeaux de bovins, les Zaraguinas les attaquent pour leur voler leur bétail ou enlever leurs enfants. Les rançons demandées peuvent aller jusqu’à plusieurs millions de francs cfa (1 million de cfa valent 1500 €). Les Peuls doivent alors vendre leurs bêtes pour réunir l’argent nécessaire. Ils perdent ainsi leur seul moyen de subsistance.

Devant l’incapacité des FACA (forces armées centrafricaines ) à intervenir en brousse contre les Zaraguinas, les éleveurs ont dû rapidement s’organiser pour se défendre par eux-mêmes. Les maires de communes d’élevage ont créé des groupes d’autodéfense armés d’arcs et de flèches empoisonnées pour protéger les troupeaux et intervenir à la place des autorités contre les coupeurs de route dans les cas d’enlèvement. A présent, chaque commune d’élevage possède des compagnies d’archers qui assurent la sécurité des zones de pâturage. Les archers possèdent tous un « blindage » constitué d’amulettes qui les protège contre les balles des armes automatiques utilisées par les Zaraguinas. Forts de cette « protection », leur détermination et leur intrépidité mettent souvent en déroute ces bandits de grand chemin.



Le phénomène des coupeurs de route existe depuis les années 90 en RCA. Il s’est intensifié ces derniers temps avec l’instabilité politique du pays et le manque de contrôle des autorités sur toute une partie de leur territoire. Les Zaraguinas font souvent partie de groupes rebelles venus du Tchad mais on retrouve parmi eux également des ex-libérateurs qui avaient aidé le président actuel François Bozizé lors de son coup d’Etat du 15 mars 2003. Devant la mauvaise foi du nouveau chef de l’état à tenir ses promesses, ils ont décidé de se servir par eux-mêmes en sombrant dans le grand banditisme. Les archers ne sont toujours pas reconnus par l’Etat Centrafricain, ils n’ont aucun statut ni aucune protection sociale. Seule la générosité des autres éleveurs et des maires de communes d’élevage leur permet de financer les missions de sécurisation.

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Sortie du livre "A VIRER! La grande pêche aujourd'hui".

Sortie du livre "A VIRER!" au édition Pascal Galodé
« À VIRER ! LA GRANDE PECHE AUJOURD’HUI » Céline Ferrier et Teddy Seguin, Pascal Galodé éditeurs, 2009, 30 €.

A bord de la Grande Hermine, l’un des deux derniers navires affrêtés pour la grande-pêche, Céline Ferrier, qui en fut la première et la seule femme officier de marine marchande et Teddy Seguin, photographe, qui a réalisé deux campagnes à bord de ce bateau, nous racontent le quotidien de ceux qui aujourd’hui encore vivent dans les traces des Terre-neuvas d’autrefois. Dans la seconde partie de cet ouvrage, ils sont allés à la rencontre des habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon. ils nous montrent comment aujourd’hui encore, ces hommes et ces femmes qui vivent sur ces rochers d’outre-Atlantique, sont également les héritiers du monde de la grande-pêche en déclin, en voie de disparition même.

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Actualité : publication LIBE mag

A Bangui, Pékin en terrain conquis

Dans la capitale centrafricaine, le palais des sports, cadeau de la France giscardienne à Bokassa Ier, s’écroule.Acôté, un nouveau stade, démesuré, a été offert par la Chine pour sceller la nouvelle coopération.

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Irlande: "No country for old men*"?

Texte d'Elise Poudevigne, journaliste indépendante en Irlande.
epoudevigne@hotmail.com
English version

Entre sa diaspora, émaillée de « success-stories », et le boom économique de la mère-patrie, les Irlandais ont un peu oublié d’où il viennent. Pas Mary McAleese. La Présidente de la République a demandé fin 2008 à la puissante Association Athlétique Gaélique de concocter des événements sur-mesure pour « ceux qui restent » : ceux qui atteignent 60, 70, 80 ans, ont repris la ferme familiale, se sont occupés de leurs parents, ne se sont pas mariés et se retrouvent seuls dans des campagnes désertées. Ces hommes peuplent l’imaginaire collectif irlandais. Ils sont ceux qui chantent la « véritable Irlande » (« the real Ireland »), ils sont ceux qui la racontent, ceux qui la célèbrent, la caressent, la tiennent dans le creux de leurs grosses mains. Ils sont surtout ceux qui restent, et laissent derrière eux des campagnes vides, des paysages fantômatiques de cartes postales.

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Iles Lavezzi. Un stage de plongée pas tout à fait comme les autre....

Bixente Lizarazu, invité surprise du stage 2009 de l'association Bout de Vie!

Comme Chaque année depuis maintenant six ans, une dizaine de personnes amputées sont invitées à passer une semaine à bord de la Galiote dans l’archipel des Lavezzi au sud de la Corse. Emmené par Frank Bruno, cet aventurier « différent » lui aussi amputé et Günther Hayer, partenaire fidèle de l’association « bout de vie », Ils vont s’initier à la plongée sous-marine et la navigation.
1er scaphandier professionnel et 1er moniteur de plongée sous-marine ayant une guibole en moins, Frank Bruno est depuis détenteur de nombreux exploits sportifs qui lui ont permis de médiatiser la croisade pour laquelle il se bat depuis des années : faire prendre conscience aux personnes amputées de ce potentiel de vie qui est en eux et briser l’isolement dans lequel parfois ils se terrent. Pour cela il a créé en 2003 l’association BOUT DE VIE qui organise régulièrement des stages en mer ou en montagne pour sortir les amputés de leur isolement, leur faire découvrir des sports qu’ils n’auraient pas forcement l’idée de pratiquer seule et créer un espace d’échange le temps d’une semaine de dépaysement total.

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MADAGASCAR, “RENDEZ-VOUS A PANARIVO !”.

Madagascar est la plus grande île de l’Océan Indien. Une bonne partie de ce territoire grand comme la France reste, aujourd’hui encore, très enclavée. Sur la côte ouest, les villages qui bordent le canal du Mozambique sont coupés du monde pendant 5 à 6 mois de l’année. À la saison des pluies, les pistes reliant la capitale Antananarivo à cette partie de la côte deviennent quasiment impraticables. Les boutres et goélettes qui sillonnent à la voile cette côte restent l’unique moyen de ravitaillement pour de nombreux villageois. De Nosy Be à Tuléar, sans aucun instrument de navigation ni cartes et quelle que soit la météo, les capitaines de ses « camions des mers », botry en malgache, transportent à la voile tous les matériaux traditionnels de construction qui sortent de la brousse. Chaque semaine, les bateaux sont attendus avec impatience car ils transportent également les produits de première nécessité comme le riz, le poisson séché, les fruits où le carburant, sans oublier la THB, la bière locale.

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LE PEUPLE PYGMEE : ENTRE ESCLAVAGE ET PROSELYTISME.

les pygmées Aka sont considérés comme les tous premiers habitants de la République Centrafricaine. Ils parcouraient autrefois la grande forêt équatoriale du sud-ouest de ce pays au gré des saisons à la recherche de gibiers, de champignons ou de racines comestibles. Au fur et à mesure de leur évolution, les pygmées Aka ont su développer des savoirs exemplaires, notamment sur le plan de la chasse, de la pharmacopée, de la danse ou de la musique. Leur petite taille bien adaptée à cette forêt dense leurs a permis de survivre tout en restant isolés, à l’écart d’un monde qui se métamorphosait, à la lisière de leur environnement. Mais cet équilibre si fragile, à présent se délite. Méprisés, tenus à l’écart des villages, les aka sont devenus, comme la plupart des pygmées, des ouvriers taillables et corvéables à merci. Avec la bénédiction des gouvernements locaux, ravis de sédentariser et d’intégrer une population qui jusqu’alors échappait à leur autorité.

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