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Actualité : publication NATIONAL GEOGRAPHIC France


Les épave de la Natière: la vie des corsaires révélée

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Madagascar, le canal du Mozambique à la voile.


Madagascar est la plus grande île de l’Océan Indien. Une bonne partie de ce territoire grand comme la France reste, aujourd’hui encore, très enclavée. Sur la côte ouest, les villages qui bordent le canal du Mozambique sont coupés du monde pendant 5 à 6 mois de l’année. À la saison des pluies, les pistes reliant la capitale Antananarivo à cette partie de la côte deviennent quasiment impraticables. Les boutres et goélettes qui sillonnent à la voile cette côte restent l’unique moyen de ravitaillement pour de nombreux villageois. De Nosy Be à Tuléar, sans aucun instrument de navigation ni cartes et quelle que soit la météo, les capitaines de ses « camions des mers », botry en malgache, transportent à la voile tous les matériaux traditionnels de construction qui sortent de la brousse. Chaque semaine, les bateaux sont attendus avec impatience car ils transportent également les produits de première nécessité comme le riz, le poisson séché, les fruits où le carburant, sans oublier la THB, la bière locale.

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LE PEUPLE PYGMEE : ENTRE ESCLAVAGE ET PROSELYTISME.


les pygmées Aka sont considérés comme les tous premiers habitants de la République Centrafricaine. Ils parcouraient autrefois la grande forêt équatoriale du sud-ouest de ce pays au gré des saisons à la recherche de gibiers, de champignons ou de racines comestibles. Au fur et à mesure de leur évolution, les pygmées Aka ont su développer des savoirs exemplaires, notamment sur le plan de la chasse, de la pharmacopée, de la danse ou de la musique. Leur petite taille bien adaptée à cette forêt dense leurs a permis de survivre tout en restant isolés, à l’écart d’un monde qui se métamorphosait, à la lisière de leur environnement. Mais cet équilibre si fragile, à présent se délite. Méprisés, tenus à l’écart des villages, les aka sont devenus, comme la plupart des pygmées, des ouvriers taillables et corvéables à merci. Avec la bénédiction des gouvernements locaux, ravis de sédentariser et d’intégrer une population qui jusqu’alors échappait à leur autorité.

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Bout de vie : Un pied au sommet...


EXPEDITION « UN PIED AU SOMMET ».

En janvier dernier, une expédition menée par trois personnes amputées a tenté l’ascension du Cerro del Pissis (6882 m), le plus haut volcan de la planète. Frank Bruno, Eric Lecomte et Franck Festor accompagné par Marianne Chapuisat, seule femme au monde à avoir gravi un 8000 mètres en conditions hivernales (le Cho-Oyu, 8201m) ont tenu à effectuer cette ascension sans porteur. Ils ont tenté ce défi pour l’association « Bout de vie » que préside Frank Bruno. "BOUT DE VIE" accompagne depuis maintenant cinq ans des personnes amputées pour les aider à prendre conscience que la vie vaut la peine d'être vécue malgré l'amputation. Grâce aux multiples exploits qu’il a déjà réalisés (traversée de l’Atlantique à la rame, ascension du Kilimandjaro, pôle nord…), Frank et son association contribuent à démontrer qu'avec de l'enthousiasme et de la volonté, on peut gommer les affres de l'amputation et tenter de vivre comme avant. “Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles”, Reprenant à leur compte cette citation de Sénèque, Frank, Eric, Franck et Marianne sont allés aux bouts d’eux-mêmes pour atteindre chacun leur sommet.

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Chine, la vallée de Zhaoxing, le tourisme au secours de la culture ?


Dans cette vallée isolée située à la frontière sud-est de la province du Guizhou, l’une des provinces les plus pauvres de Chine, l’exode rural vers les manufactures a littéralement saigné le pays Dong de sa jeunesse. La plupart des villages se sont ainsi vidés laissant la culture traditionnelle s’évanouir dans la mémoire des anciens.

Au milieu de ce constat amer, Zhaoxing apparaît telle une oasis de développement culturel et économique. En effet, les autorités du village ont misé, il y a quelques années, sur un développement touristique de la vallée à travers la mise en valeur de la culture et des traditions Dong. Quelques années plus tard, force est de constater que Zhaoxing est devenu une destination touristique incontournable des voyageurs chinois et étrangers. En accueillant plus de 7500 touristes par an, le village a subi un développement économique sans précédent permettant ainsi à sa jeunesse de rester travailler dans ce nouveau secteur d’activité. Néanmoins, le développement rapide du village et l’inflation qui a suivi ont plongé certains petits propriétaires terriens dans une misère encore plus profonde, les poussant eux et leur famille vers les usines du Guangzhou.

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LES EPAVES DE LA NATIERE, PLONGEE DANS L’HISTOIRE FASCINANTE DES CORSAIRES.


Dix années de fouilles et de recherches en archive auront été nécessaires aux archéologues sous-marins du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) pour lever les mystères soulevés par les deux grandes frégates corsaires qui gisent depuis trois siècles sous les eaux turbides de la baie de Saint-Malo.

Situées en bordure immédiate du principal chenal d'accès au port de Saint-Malo, les deux roches formant le banc de la Natière constituent ce qu'il est convenu d'appeler un « piège à bateaux ». Aussi, il n’est pas surprenant que le site découvert en 1995 par un chasseur sous-marin ait finalement révélé deux épaves miraculeusement préservées par le temps et les sédiments, désignées Natière 1 et 2. Les recherches menées depuis lors ont permis de les identifier comme deux frégates corsaires du début du XVIIIe siècle, soit La Dauphine, du port du Havre, perdue lors de son retour de campagne en 1704, et l’Aimable Grenot de Granville, naufragé en 1749 alors qu'il appareillait pour Cadix.

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Les archers peuls de Centrafrique


Dans le nord du Centrafrique, depuis plus de 15 ans, des coupeurs de route appelés Zaraguinas terrorisent les populations locales détroussant les voyageurs et effectuant même des rapts d’enfants. Les éleveurs Peuls qui vivent en Centrafrique depuis près d’un siècle sont l’une des cibles privilégiées des coupeurs de route. Considérés souvent comme plus riches car possédant des troupeaux de bovins, les Zaraguinas les attaquent pour leur voler leur bétail ou enlever leurs enfants. Les rançons demandées peuvent aller jusqu’à plusieurs millions de francs cfa (1 million de cfa valent 1500 €). Les peuls doivent alors vendre leurs bêtes pour réunir l’argent nécessaire et perdent ainsi leur seul moyen de subsistance.

Devant l’incapacité des FACA (forces armées centrafricaines ) à intervenir en brousse contre les Zaraguinas, les éleveurs ont dû rapidement s’organiser pour se défendre par eux-mêmes. Les maires de communes d’élevage ont créé des groupes d’autodéfense armés d’arcs et de flèches empoisonnées pour protéger les troupeaux et intervenir à la place des autorités contre les coupeurs de route dans les cas d’enlèvement. A présent, chaque commune d’élevage possède des compagnies d’archers qui assurent la sécurité des zones de pâturage. Les archers possèdent tous un « blindage » constitué d’amulettes qui les protège contre les balles des armes automatiques utilisées par les Zaraguinas. Forts de cette protection, leur détermination et leur intrépidité mettent souvent en déroute ces bandits plus prompts à s’attaquer aux plus faibles qu’à mener de réels combats contre des archers qui ne font en général pas de prisonniers.

Le phénomène des coupeurs de route existe depuis les années 90 en RCA, mais il s’est intensifié ces derniers temps avec l’instabilité politique du pays et le manque de contrôle des autorités sur toute une partie de son territoire. Les Zaraguinas font souvent partie de groupes rebelles venus du Tchad mais on retrouve parmi eux également des ex-libérateurs qui avaient aidé le président actuel François Bozizé lors de son coup d’Etat du 15 mars 2003 et qui devant la mauvaise foi du nouveau chef de l’état à tenir ses promesses envers eux ont décidé de se servir par eux-mêmes en sombrant dans le grand banditisme. Les archers ne sont toujours pas reconnus par l’Etat Centrafricain, ils n’ont aucun statut ni aucune protection sociale. Seule la générosité des autres éleveurs et des maires de communes d’élevage leur permet de financer les mission de sécurisation.

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Les forçats de la mer


Que reste-il du «Grand Métier» en 2003 ? Dix ans après le moratoire qui a fermé les bancs de Terre-Neuve à la pêche à la morue ; la flottille de chalutiers français armés à la grande pêche dans les années 80 est presque entièrement décimée. Grande Hermine, chalutier de 65 mètres, est l’un des derniers représentant de cette activité séculaire. Armé par la Comapêche de Saint-Malo, Grande Hermine a commencé sa carrière à Saint-Pierre et Miquelon sur les bancs de Terre-Neuve il y a une vingtaine d’années.12 à 18 heures par jour, 7 jours sur 7 et ce, pendant deux à trois mois, les marins de Grande Hermine partent pêcher au-dessus du cercle polaire, en mer de Barents sous le contrôle très strict des gardes côtes norvégiens. Attirés par «l’or blanc» mais surtout passionnés par un métier qu’ils font pour la plupart depuis l’adolescence, ces marins travaillent dans les mers les plus hostiles qu’il soit. Au-delà du drame écologique lié à la raréfaction des ressources halieutiques sur le Grand Banc, la fin de cette activité représente également un grave problème social pour les pêcheurs des deux côtés de l’Atlantique. C’est un pan de la culture maritime française qui disparaît progressivement.

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Vanikoro: sur les traces de Monsieur de Lapérouse


Le 15 mars 1788, après deux ans et demi de navigation à travers tous les océans, l'expédition dirigée par Jean-François Galaup, comte de Lapérouse se perdait dans une violente tempête sur les récifs de l'île de Vanikoro dans l'archipel des Salomons. Avril 2005, la plus grosse expédition jamais organisée sur les traces de Lapérouse depuis Dumont Durville en 1827, débarque sur l'île de Vanikoro. Dans l'esprit même du siècle des Lumières, Vanikoro 2005 fut une expédition multidisciplinaire de scientifiques embarqués à bord d'un bâtiment de la Royale, le Jacques Cartier. Marins, archéologues, géomètres, géophysicien, entomologiste, linguiste, écrivain, peintre, médecins, dendrochronologue… autant de spécialistes, tous réunis autour du même but, percer le « mystère Lapérouse ». Dans le naufrage de 1788, les deux navires de l'expédition, l'Astrolabe et la Boussole ont sombré, l'un sur le site dit « de la fausse passe » et l'autre sur le « site de la faille ». C'est dans cette faille, où s'est disloqué l'un des deux bateaux, que les recherches se sont essentiellement concentrées. L'un des mystères résidait dans l'identification des deux épaves permettant ainsi de déterminer si oui ou non, M. de Lapérouse faisait partie des survivants qui ont survécu plusieurs mois sur l'île après le naufrage. La découverte d'un sextant signé du Sieur Mercier vient étayer l'hypothèse que l'épave naufragée dans la faille puisse être la Boussole, le bateau amiral commandé par Lapérouse. Les divers instruments de navigation et objets personnels appartenant aux scientifiques du bord tels qu’une lunette astronomique ou un compas azimutal témoignent des instruments de pointe embarqués pour cette mission hors du commun. Autant d'indices à analyser et interpréter pour les archéologues du DRASSM dirigés par Michel L'Hour et Elisabeth Veyrat venus soutenir l'équipe de l'association Salomon qui mène des recherches à Vanikoro depuis 25 ans.

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Kazakhstan, le nouvel eldorado du nucléaire


Un vent glacial souffle sur les steppes du Muyunkum, le silence du désert n’est perturbé que par le rythme incessant des vieilles foreuses russes de Volkof Geology. Le soleil perce sur l’horizon, trois hommes descendus d’un petit camion s’engouffrent dans l’une de ces machines qui recouvre le site. À l’intérieur, les trois foreurs de la nuit sont bien contents de revoir leurs camarades après 12 heures de travail. Un dernier thé tous ensemble pour faire le point sur l’avancée du forage et la camionnette ramènera l’équipe de nuit à Taukent. Le village, quasiment à l’abandon il n’y a pas si longtemps ne doit sa renaissance qu’à la réexploitation de l’uranium par Kazatomprom et à l’arrivée des « fransuses » dans la région en 2001. Afin de maintenir sa deuxième place sur le marché mondial de l’uranium, AREVA a investi dans un gisement au Kazakhstan. En 2001, dans le désert de Muyunkum, quelques yourtes ont été construites dans les dunes à 300 km de Shymkent, la ville la plus méridionale du pays. Les équipes d’AREVA ont alors commencé à faire des sondages et des études de faisabilité. Dans des conditions climatiques extrêmes, un chantier titanesque s’est mis en place à partir de novembre 2004 et 18 mois plus tard, une usine était en fonctionnement. A présent une deuxième usine émerge des sables des steppes à une cinquantaine de kilomètres du premier site sous l’œil médusé des quelques susliks (petites marmottes) qui se faufilent au milieu des saksaouls, seul arbuste qui réussisse à résister au climat local. À terme, c’est une nouvelle ville qui va naître au beau milieu de ce « no man’s land » afin d’accueillir les 700 ouvriers qui doivent venir travailler sur ce gisement.

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Frank Bruno, association "bout de vie"

“Vous avez un morceau en moins, on vous offre un bout de vie...”


Prof de plongée, sauveteur en mer, footballeur, malgré sa jambe de bois, Frank utilise son potentiel de vie à 110 % pour lui et pour les autres. C'est pour faire prendre conscience aux personnes amputées de ce potentiel de vie qui est en eux que Frank a créé l'association “bout de vie”.

L’aventure qui a mené Frank jusqu’ici a commencé de manière bien plus dramatique au large du Liban, il y a une vingtaine d’années sur le porte-avion Foch. Frank effectuait son service militaire en tant que “ chien jaune ” sur le bâtiment de la marine nationale. À vingt ans, il perd sa jambe droite, broyée par un avion qui lui roule dessus ; son destin bascule. Suivent des années très difficiles pour remonter la pente et se reconstruire petit à petit une nouvelle vie. Frank est quasiment né avec une paire de palmes aux pieds, son père ayant un club de plongée à Menton, ce n’est pas ce morceau en moins qui va l’empêcher de continuer ce sport ! Au contraire, cette perte lui apporte une force nouvelle. Il reprend donc la plongée sous-marine malgré les contre-indications médicales et, cinq ans après son accident, il décide de passer son monitorat. Les instances fédérales ne croient évidemment pas un instant à la réussite de cet handicapé ; un prof de plongée amputé on n’a jamais vu ça et ce n’est pas sécurisant !… Or, en 86, Frank sort major de promotion au monitorat fédéral MF I. Cette première victoire sur l’adversité est une nouvelle étape dans sa vie et va même changer le regard qu’il avait sur lui-même. “Je me suis dit que si j'arrivais à être premier devant cent et quelques bonshommes valides, c'est que peut-être j'étais normal.”

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Saint Pierre et Miquelon


Colonisé il y a 500 ans par des pêcheurs normands, bretons et basques, ce petit caillou à la nature hostile perdu au large du Canada n’avait de raison d’être que par la richesse de ses eaux en poissons et notamment en morue. L’or blanc a fait la richesse de Saint-Pierre mais voilà, tout s’est arrêté en 1993 du jour au lendemain ; de 20 000 tonnes de morues à... rien. Inutile de dire que le réveil a été douloureux pour une population qui ne connaissait pas d’autres activités que celles liées à la pêche. Même si le moratoire a été levé en 1997, les quotas alloués à la France par les autorités canadiennes restent très faibles et le port de Saint-Pierre désespérément vide depuis cette époque. L’industrie de la morue, ce n’était pas que des pêcheurs, mais surtout des usines de transformation, sept chalutiers de 50 m, une activité portuaire importante engendrée par tous les chalutiers étrangers qui venaient également débarquer une partie de leur pêche et se ravitailler à Saint-Pierre. Bref, une économie entièrement basée sur une mono activité. Pourtant lorsqu’on se balade dans Saint-Pierre, rien ne transpire du drame social qui se joue depuis maintenant dix ans sur ce petit territoire d’outre-mer. Les maisons sont belles et bien entretenues, elles semblent confortables et devant chacune d’elle, stationnent des grosses cylindrées américaines. Comme on dit ici, «l’Etat a pris ses responsabilités». Cela signifie qu’après avoir sacrifié Saint-Pierre-et-Miquelon sur l’autel des échanges commerciaux entre la France et le Canada, les gouvernements successifs se sont rachetés une paix sociale à grands coups de subventions. Contrairement à Terre-Neuve, tout proche, point de misère dans l’archipel français et il fait plutôt bon vivre à Saint-Pierre. Ce serait même un vrai petit paradis si l’économie redémarrait et si les jeunes saint-pierrais, très attachés à leur île pouvaient espérer un avenir différent de celui d’assisté.

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